top of page

Les épillets, un réel danger pour nos animaux

  • David ROUSSIN
  • 6 avr.
  • 9 min de lecture

iStock
iStock

 

Nous avons tourné une vidéo explicative sur les épillets en collaboration avec Proplan à retrouver ici :




QU’EST-CE QUE C’EST QU’UN ÉPILLET ?


Un épillet appelé également « espigaou » ou « voyageur » est une petite graine de graminée souvent sauvage (orge des rats (Hordeum murinum) ou des avoines sauvages (Avena sterilis, Avena fatua) qui poussent de mai à septembre et que l'on retrouve un peu partout en France comme dans beaucoup de pays par ailleurs. Ces herbes hautes sauvages poussent le long des chemins, dans les prés ou les terrains vagues.

 

C’est aussi la graine de certaines céréales cultivées comme le blé, l'orge, le sorgho ou encore le seigle.

 

Ce qui rend l’épillet spécial réside dans sa construction : sa forme conique, des barbes pour lui permettre d’aller loin au gré du vent, une extrémité très pointue pour s’enfoncer facilement et des micro-barbillons anti-retour à sa base lui permettant de s’enfoncer naturellement dans le sol pour germer.

 

Chaque année, de nombreux chiens, et moins fréquemment des chats, se retrouvent aux urgences vétérinaires à cause d’un épillet.

 

LOCALISER LES GRAMINEES PORTEURS D’EPILLETS ?


Il est quasiment impossible aujourd'hui de pouvoir éviter les zones où se trouvent potentiellement des épillets.

 

Du champ de blé qui est la plus grande zone à risque jusqu’au platane en ville au pied duquel un oiseau aurait laissé tomber un graine, les épillets sont partout.

 

Ce sont les épillets secs de l'orge des rats (Hordeum murinum) ou des avoines sauvages (Avena stérilisé, Avena fatua) qui présentent les plus grands dangers lors des promenades. 

 

UN MODE D’ACTION MALHEUREUSEMENT TRES EFFICACE :


Le fonctionnement d’un épillet est assez simple : Qu’il s'agisse du sol ou malheureusement du corps d'un animal, l'épillet ne sait faire qu’une chose avancer dans le but de s’enfoncer. A la fin du printemps, ces graminées se dessèchent, durcissent et se détachent alors très facilement de leur tige ; C’est à cette période que les épillets secs présentent le plus grand risque au niveau de la santé de nos animaux. 


Très facilement, il s’accroche aux poils (encore plus s’il est long, frisé ou avec du sous-poil), dès qu’il entre en contact avec la peau, son extrémité pointue perfore la peau et les tissus sous-cutanés puis les micro-barbillons anti-retour lui permettent de progresser toujours dans le même sens dans le corps de l’animal victime grâce aux mouvements de sa chaine musculaire. 

 

Que ce soit par la marche, la course ou même le mouvement du museau lors de la ventilation, chaque contraction musculaire fait progresser l'épillet, qui pénètre de plus en plus profondément dans les orifices naturels ou sous la peau.

LES DIFFERENTES ATTEINTES CHEZ L’ANIMAL :


Les épillets peuvent toucher TOUS les chiens comme les chats qui sortent et peuvent pénétrer par de multiples endroits dans le corps de nos animaux.


Il faut noter que le chat est largement moins victime d’épillets que le chien.

 

Les chiens frisés ou bouclés comme le Caniche ou le Barbet, à poil long et/ou épais comme le Berger des Pyrénées ou encore aux oreilles tombantes et velues comme le Cocker sont plus à risque.

Un épillet peut traverser la peau n’importe où (sous le ventre, le long des flancs…), mais aussi pénétrer par n’importe quel orifice naturel d’un chien ou d’un chat (truffe, gueule, oreille, anus ou orifice génital).


En 1983, l'étude américaine « Grass awn migration in dogs and cats: a retrospective study of 182 cases (migration de l’épillet chez le chien et le chat avec 182 cas) » de KE. Brennan, PJ. Ihrke fait ressortir une prévalence accrue de problèmes d’épillet chez l’épagneul Springer, le Golden Retriever, l’Epagneul breton et l’Airedale terrier, mais une prévalence réduite chez les Bergers allemands, les Caniches miniatures et les Teckels. La localisation le plus courante des épillets est le conduit auditif externe, impliquant 51 % des cas. D’autres sites courants de localisation sont les espaces interdigitaux, l’œil, les narines, la région lombaire et la cavité thoracique. Seuls 8 des 182 animaux étaient des chats et 7 des 8 avaient une atteinte oculaire.


En 2003, l’étude tchèque « Migration of grass awn in dogs: A retrospective study of 140 cases (migration de l’épillet chez le chien avec 140 cas)» de M. Crha, J. Konvalinova, T. Fichtel, Z. Pavlica met en évidence la prévalence chez le Cocker anglais, le Shih tzu, le Lhassa apso et le West highland white terrier, mais une prévalence réduite chez le Berger allemand, le Teckel, le Yorkshire terrier et le Rottweiler. Les sites les plus courants de localisation des épillets étaient les espaces interdigitaux, le conduit auditif externe et les yeux.

 

Tissu sous-cutané :

Si un épillet reste sous la peau, il va créer une inflammation importante puis l’apparition d’abcès qui vont se développer tout le long du trajet de ce dernier. Cela provoque à court terme des dégâts car il s’enfonce toujours plus profondément en créant une fistule (conduit) qu’il creuse en avançant et une infection plus ou moins grave.

Un épillet qui chemine sous la peau depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, peut être parti de n’importe où, parfois même très loin de son point d’entrée.


Symptômes :  Léchage de la zone inflammée, douleur, fièvre (infection provoqué par l’épillet).

 

Espace interdigital (coussinets) :

Un épillet pénètre souvent entre deux doigts, zone à peau fine où il est facile de s’accrocher, puis il peut remonter ensuite assez haut le long de la patte. Après quelques jours, la peau est déjà refermée mais une petite région violacée et enflée peut être remarquée.

Un épillet qui pénètre entre les coussinets d’un chien peut être difficile à voir car il est possible que la plaie d’entrée se soit refermée et que seul un abcès soit visible ce qui pourrait induire l’idée d’autres causes potentielles (blessure infectée, épine, etc.). Dans ces cas, pendant qu’on ne pense pas à un épillet, ce dernier continu sa progression dans la patte de l’animal avec les conséquences liées.


Symptômes :  Léchage insistant entre les doigts (avec ou sans abcès) où l’épillet s’est planté, mordillement de la patte, boiteries, douleur, fièvre (infection provoqué par l’épillet).

 

Voie génitale (vulve chez la femelle, fourreau chez le mâle), glandes anales et anus :

Que ce soit chez le mâle ou chez la femelle, les voies génitales constituent aussi une porte d’entrée pour un épillet.

Chez la chienne ou la chatte, l’épillet rentre par la vulve. Il peut remonter le long du vagin (provoquant des pertes vulvaires), ou provoquer des infections à répétition (vaginites) qui ne guériront pas, ce malgré l’administration d’antibiotiques, tant que l’épillet sera présent.

Chez le mâle, l’épillet rentre dans le fourreau. Il peut y rester coincé, entraînant un abcès, des pertes purulentes, ou bien transpercer la muqueuse du fourreau avant d’aller sous la peau du ventre et y former des abcès. 


Symptômes :  Léchage insistant des parties génitales, de l’anus (avec ou sans abcès) où l’épillet s’est planté, douleur, fièvre (infection provoqué par l’épillet).

 

Oreille :

L’épillet s’accroche dans les poils à l’entrée de l’oreille surtout chez les races de chiens à poils longs et à oreilles tombantes comme le Cocker, le Springer Anglais, le Berger australien, …). Force de mouvements de l’oreille et de grattage par le chien, l’épillet finit par pénétrer dans le conduit auditif et peut créer une inflammation puis une otite et même continuer sa progression jusqu’à perforer le tympan.


Symptômes : L’animal secoue la tête constamment, se gratte l’oreille en gémissant (ce qui malheureusement aggrave le problème car l’épillet avancera dans le conduit auriculaire), douleur à l’oreille, syndrome vestibulaire (l’animal penche la tête du côté où l’épillet a réussi à entrer, tourne en rond, toujours dans le même sens, il perd l‘équilibre), l’oreille suppure et sent mauvais. 

 

Narine :

Il s’agit d’une des deux localisations les plus courantes où peut se retrouver un épillet en termes de fréquence chez le chien comme chez le chat. L’épillet peut atteindre les voies respiratoires et endommager les bronches, la trachée ou même les poumons.

L’extrémité de l’épillet dépasse parfois de la narine, mais il est rare que l’on arrive à s’en saisir pour l’extraire sans le casser (le risque est de permettre au morceau restant de pourvoir progresser plus librement à l’intérieur du museau de l’animal !).


Symptômes : L’animal éternue, renifle, se tape le museau contre le sol au point de se blesser, douleur, présence d’écoulements nasaux.

 

Gueule :

En avalant de l’herbe, en jouant avec une balle de tennis sur laquelle il y a des épillets ou encore en se léchant. Il est aussi possible qu’un chien mange un épillet qui peut alors se loger dans la joue, les gencives, les amygdales, la gorge ou encore atteindre les voies digestives.


Symptômes : L’animal tousse, du sang ou de la bave s'écoule de sa gueule, douleur.

 

Cavité oculaire :

L’épillet se loge en général sous la membrane nictitante, le risque de créer un ulcère par frottement à chaque battement de paupières n’est pas négligeable et cela peut aller jusqu’à la perforation de la cornée (perte de l’œil). Plus rarement, un épillet peut pénétrer dans le canal lacrymal.

Il s’agit de la première localisation dans les rares cas félin.


Symptômes :

L’animal cligne brusquement des paupières, pleure, se gratte ou se frotte la face sur tout ce qu’il trouve, douleur, son œil devient rouge. Puis les paupières s’inflamment et l’œil se ferme.

 

 

QUE FAIRE ?

Afin d’éviter un maximum de problèmes liés aux épillets, on vérifie toujours au retour de balade, l’ensemble du pelage de l’animal, y compris entre les coussinets, dans les oreilles ou les autres orifices naturels.

 

Si on en trouve dans le pelage, on retire les épillets qui ne se seraient pas enfoncés dans sa peau. Par facilité, on utilise ses doigts ou une pince à écharde si besoin pour retirer les épillets comme dans une oreille ou une narine par exemple afin d’éviter de l’enfoncer.

 

On ne doit JAMAIS prendre le risque de « casser » ou de n’extraire qu’une partie d’un épillet.

…Si on l’a retiré de la peau d’un animal, on nettoie et désinfecte l’endroit où était planté l’épillet que l’on a retiré entier. On surveillera la zone pendant plusieurs jours afin d’éviter une suite infectieuse car il est possible que certains fragments de l’épillet soient encore présents dans l’épiderme de l’animal.


Si l'on repère un épillet qui serait enfoncé sous la peau de l'animal ou bien si l'on détecte une sorte de petite boule sous la peau (type kyste ou abcès), il convient à ce moment-là de consulter au plus vite un vétérinaire afin que celui-ci prenne les dispositions nécessaires au retrait en toute sécurité. Cela peut imposer parfois une anesthésie de l’animal.

 

Tout symptôme ou attitude anormale pouvant apparaitre chez le chien ou le chat, même si rien n’est visible ne doit jamais être sous-estimé (ce qui n’a pas forcément rapport avec notre sujet). Dans tous les cas, il vaut mieux consulter un vétérinaire au plus tôt quelle que soit la cause.

Ne jamais procéder à de l’automédication car cela risque de faire empirer la situation et surtout cela retarde la prise en charge vétérinaire.

 

 

PREVENTION :

Les épillets font partie de notre vie quotidienne, en termes de prévention, il est impossible de supprimer totalement les risques pour nos animaux, mais on peut tout de même les minimiser.


Le premier des réflexes de prévention en fin de balade consiste en une inspection minutieuse du pelage, de la tête à la queue en passant par les coussinets, les orifices naturels, les plis cutanés, etc. 

On brosse le pelage de son chien afin d’enlever les épillets avant qu’ils ne se plantent dans la peau ou ailleurs. En outre cet examen permet aussi de vérifier que son animal n’a ni tiques ou autres acariens.

 

Pour les chats qui ont accès à l’extérieur, une inspection régulière au retour à la maison permet de s’assurer de l’absence d’un épillet.

 

Les chiens à oreilles tombantes, à poil long, épais ou bouclé sont à surveiller tout particulièrement au niveau de cette partie de leur corps.

 

L’entretien du pelage des animaux doit être une règle et encore plus à la saison chaude. Il faut retirer le sous-poil mort et tous les nœuds. Il est préconisé de couper a minima les poils de la face interne des oreilles (autour de l’entrée du conduit auditif ) et des espaces interdigités.

Pour les chiens à sous-poil épais et qui vivent au milieu d’herbes hautes, on peut tondre le dessous de leur corps pendant la saison des épillets.


La spondylodiscite est, dans la plupart des cas, secondaire à une translocation bactérienne depuis un foyer infectieux primaire, mais peut aussi être due à la migration d’un épillet de graminée. Douleur et difficulté à marcher sont les motifs de consultation les plus fréquents. Jusqu’à 50 % des animaux présentent également des signes nerveux.

Une des causes de la spondylodiscite ... est " la migration de végétaux. Certaines graminées se déplacent uni directionnellement après implantation dans les tissus. Ces végétaux sont identifiés lors de chirurgie ou d’autopsie d’animaux atteints de spondylodiscite. 3 voies de migration de ces graminées sont suggérées :

ü  par ingestion avec des aliments, et migration dans le tube digestif puis le mésentère jusqu’à la zone thoraco-lombaire

ü  par inhalation, et migration à travers les poumons, puis le long du diaphragme jusqu’à son insertion dans les vertèbres lombaires 2 à 4

ü  par migration transcutanée le long des aponévroses de la musculature abdominale ou épaxiale jusqu’à la colonne vertébrale axiale.                                                                                                                         Dr S. MANUEL


L’entretien du jardin par une tonte régulière évite que les herbes hautes ne poussent et sèchent. On doit veiller à éliminer tous les restes de tonte et les herbes sèches car les épillets y restent présents. Dès que l’on croise des graminées à épillets on peut aussi les arracher pour diminuer les risques.

 

Il est recommandé de garder son chien en laisse lors des balades lors du passage à proximité d’un champs ou encore d’herbes hautes à épillets (surtout à la saison sèche).

 

Attention aux bouquets de fleurs type « nature morte » que l’on peut retrouver dans certaines maisons et qui pourraient en contenir.


Et surtout, au moindre signe suspect, ne pas attendre pour consulter un vétérinaire.

 
 
 

Commentaires


Posts à l'affiche
Posts Récents
Archives
Rechercher par Tags
Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square
bottom of page