La Tique, ce que l'on doit savoir

January 13, 2019

Depuis quelques années, le réchauffement climatique a un impact plus qu’important sur la prolifération des parasites et des maladies à travers le Monde. La météo toujours plus douce en France favorise logiquement le développement et la prolifération des acariens nommés tiques qui se reproduisent entre 7 et 25 degrés.

 

 

 

 

La tique, c’est quoi ?

 

Ces « poux de bois » comptent de nombreuses espèces ayant pour chacune d'entre elles un habitat qui leur est propre (3 sont plus spécifiquement présentes en France : ixodes ricinus, rhipicephalus, et dermacentor). Il existe des tiques molles (Argasidae) et des tiques dures (Ixodidae).

Il s’agit aujourd’hui d’un vrai problème de santé publique à prendre en compte au plus haut niveau car le développement et la prolifération des tiques évolue en permanence ce qui induit le développement des maladies et plus spécifiquement des zoonoses infectieuses connues ou à

venir.

Zone de vie :

 

La tique vit dans les étendues herbeuses et surtout les sous-bois, elle ne saute pas sur un visiteur, elle attend patiemment perchée sur une herbe, une feuille ou une fougère qu’un hôte (un chien, un chat… ou un humain) passe au contact et lorsque c’est le cas, elle s’accroche et change alors de support… Repas pris et une fois rassasiée, elle se décroche et retourne au sol pour passer à son étape évolutive suivante (larve à nymphe à femelle adulte). Il arrive aussi que certaines tiques restent sur le même hôte tout au long de leur vie. Chaque femelle adulte est porteuse de plusieurs milliers d’œufs.

 

Mode de nourrissage et de reproduction :

 

Notre tique chasseuse à l’affut une fois sur un hôte cherche une zone de peau tendre pour s’y ancrer. Rat, lapin, chat, chien, à chaque période de sa vie correspond une nouvelle cible. Seules les femelles s’ancrent, les mâles eux n’en ont pas le temps car dès qu’ils deviennent adultes, ils s'accouplent et meurent !

La tique ne mord pas, elle enfonce son rostre dans la peau de l’animal qu’elle a choisi pour hôte puis s'ancre solidement. Elle injecte sous la peau des substances vasodilatatrices, anti-inflammatoires et anticoagulantes afin d’optimiser son « repas » qui ne commence pas avant 12 à 24 heures.

 

En presque une semaine, sa masse va considérablement augmenter (plus de 100 fois son poids initial), elle aspire et régurgite en permanence ce qui favorise l’inoculation de potentielles maladies dont elle est peut-être porteuse.

 

Vidéo Enfance Lyme Québec :  

https://www.facebook.com/watch/?v=1065702570306128

 

Les différents risques :

 

La réaction allergique

Les substances injectées par la tique lors de son ancrage afin de faciliter son repas peuvent provoquer une réaction allergique localisée au niveau de la morsure (rougeur, inflammation…) parfois très importante.

 

Les infections et les zoonoses

Pour l’animal ou l’homme qui s’est fait « piquer », le risque majeur est la contamination par une maladie potentiellement infectieuse, voire une zoonose (maladie qui peut se transmettre des animaux vertébrés à l’homme, et vice et versa). Au regard des évolutions climatiques et sociétales, il est probable que la liste des bactéries, des germes, des virus et autres pouvant être transmis aux différents hôtes lors de morsure de tiques s'allongera dans les années à venir. Il est par ailleurs aussi possible de contracter une co-infection de plusieurs maladies transmises par la tique.

 

« Une étude effectuée en 2012 dans les Ardennes par Muriel Vayssier-Taussat, directrice de recherche à l'INRA à l'École nationale vétérinaire d'Alfort et grande spécialiste de l'acarien donne des résultats plus impressionnants : la moitié des tiques analysées par l'INRA sont infectées par au moins un pathogène. Et parmi elles, encore la moitié en renferme plusieurs autres, jusqu'à cinq ! »

 

Le risque d'infection est d’autant plus faible que les tiques sont enlevées rapidement car comme expliqué plus haut elles ne débutent pas leur repas avant plusieurs heures… Si les tiques restent ancrées les risques augmentent graduellement.

 

Maladies bactériennes potentiellement transmises :

 

La maladie de Lyme (borréliose) est une maladie qui sévit essentiellement dans le Nord et l'Est de la France et peut infecter de nombreux mammifères (rongeur, chien, chat) y compris l’homme (zoonose). Elle est due à une bactérie transmise par les tiques (plus de 54 000 cas en France ont été recensés en 2016). Il faut entre 48 et 72 heures pour être contaminé sachant que par la suite, tous les animaux infectés ne déclarent pas de symptômes. Le poil des animaux rend compliqué l’observation des symptômes cutanés, les autres signes de présence de la maladie étant à la fois courants et n’évoquant pas forcément ce problème, un examen et des analyses vétérinaires sont à privilégier.

La phase d’incubation étant longue, les symptômes peuvent survenir jusqu'à plusieurs mois (2 à 5 mois) après la piqûre infectante, cette grave maladie endémique pose aujourd’hui un réel problème au niveau national car elle est très difficile à diagnostiquer et donc à soigner. Les symptômes apparaissant et s’estompant ne favorisent pas la consultation vétérinaire.

 

Symptômes potentiels pouvant être observés :

     - Réaction cutanée autour de l’emplacement où la tique était ancrée

       (compliqué à observer sur les animaux poilus).

     - Douleurs musculaires et articulaires (boiterie brutale sans

       aucune cause traumatique).

     - Vomissements.

D’autres symptômes peuvent aussi être observés dans la forme chronique de la maladie.

 

En France, le risque de contamination par morsure varie de 1 à 6 % selon les régions (plus de 54 000 cas de Lyme ont tout de même été recensés en 2016 passant de 51 cas/100 000 en 2015 à 84 cas/100 000). La fréquence des cas est plus élevée lors des périodes chaudes, les tiques étant plus nombreuses. Même si les félins sont peu sensibles à cette maladie, il ne faut pas la négliger pour autant. Il existe un vaccin aujourd’hui pour cette maladie (voir plus bas), parlez en à votre vétérinaire.

 

http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/lyme_1-2-06.pdf

http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=ED%206304

https://www.ameli.fr/assure/sante/urgence/morsures-griffures-piqures/morsure-tique-maladie-de-lyme-que-faire

La fièvre boutonneuse méditerranéenne à tiques est présente dans les pays du pourtour méditerranéen. Elle est due à une bactérie qui est transmise par la morsure des tiques. Le nombre de cas en France a nettement diminué depuis que le nombre de lapins sauvages souvent porteurs de la bactérie a diminué. Elle touche essentiellement les chiens et les rongeurs sauvages. C’est aussi une zoonose infectieuse transmise à l’homme par la tique qui se soigne bien et qui peut même guérir spontanément.

 

Symptômes potentiels pouvant être observés :

Chez le chien, cette maladie est souvent asymptomatique.

 

Chez l’homme, c’est une maladie bénigne :

     - Fièvre élevée et brutale.

     - Maux de tête.

     - Douleurs musculaires.

     - Toux sèche.

     - Éruption cutanée sur le corps mais pas le visage.

     - Tache noire apparaît également au point d’ancrage de la tique.

 

http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/Fiche_Fievre_boutonneuse.pdf

Les ehrlichioses et les anaplasmoses sont présentes dans beaucoup de pays et surtout dans les pays du pourtour méditerranéen (le nombre de cas référencés ne cesse de croître). Elles sont dues à une bactérie qui est transmise par la morsure des tiques dures qui s’attaque aux globules blancs. L’ehrlichiose monocytaire canine est liée au chien, elle est très difficile à diagnostiquer en externe car les symptômes sont essentiellement liés au système sanguin. L’anaplasmose ou ehrlichiose granulocytaire canine est très souvent liée aux chiens, aux chevaux, aux bovins et à l’homme, il existe aussi la possibilité de la retrouver chez le chat même si elle est sous-estimée et pour l’instant car peu référencée. Les guérisons spontanées chez l’animal sont fréquentes.
 

Symptômes potentiels de l’anaplasmose pouvant être observés :

Les symptômes peuvent se révéler plusieurs mois ou années après la contamination :

     - Fatigue sévère.

     - Douleurs articulaires.

     - Anémie (muqueuses pâles).

     - Écoulements oculaires et nasaux.

     - Écoulement de sang par la truffe.

La forme chronique de ces maladies est généralement mortelle.

La mycoplasmose (anémie infectieuse) est une maladie grave que l’on retrouve chez les chiens comme chez les chats. Elle détruit les globules rouges ; les vecteurs sont encore mal définis (tiques, blessures entre congénères…). Chez les chats, les mâles et les jeunes vivant à l’extérieur, seraient plus souvent infectés. Il existe d’autres souches de mycoplasmose touchant les rongeurs et les volatiles.

Symptômes potentiels de la mycoplasmose pouvant être observés :

     - Anémie sévère (muqueuses pâles).

     - Fièvre.

     - Abattement.

     - Vomissement.

     - Anorexie.

     - Amaigrissement.

     - Déshydratation.

Cette maladie peut être mortelle si elle n’est pas prise en compte rapidement.

 

https://www.fregis.com/infos-sante/mycoplasmose-hemotrope-hemobartonellose-du-chat/

https://www.fregis.com/infos-sante/mycoplasmose-hemotrope-hemobartonellose-du-chien/

La fièvre Q est une zoonose qui affecte l’homme, les chats et les chiens ainsi que d’autres espèces. La transmission par les tiques est possible mais cela reste rarissime par rapport au risque de contamination respiratoire.

 

http://invs.santepubliquefrance.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Zoonoses/Fievre-Q/Aide-memoire

La tularémie est une zoonose qui est transmise à l’humain par contact avec des animaux infectés ou par le biais de vecteurs tels que la tique. Elle est rarissime chez les chiens et les chats.